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Assistant de justice

À mi-chemin entre le statut d’étudiant et celui de professionnel, le "métier" d’assistant de justice n’en est pas véritablement un, car on ne peut l’exercer au-delà de six ans. Mais c’est un tremplin.

Le métier 

Les assistants de justice, recrutés sur contrats temporaires, sont les collaborateurs des magistrats. Afin d'accroître la qualité et l'efficacité de l'activité judiciaire, les magistrats de toutes les juridictions leur délèguent une partie des travaux préparatoires aux jugements. Cette fonction est considérée comme un tremplin pour l’École Nationale de Magistrature. L’assistant s’est notamment révélé indispensable pour gérer l’accroissement des contentieux administratifs lors de l’introduction des référés.

Missions

L’assistant de justice n’a aucun pouvoir juridictionnel et ne prend aucune décision. Il est chargé, par et pour les magistrats, de faire des recherches de documentation et de jurisprudence, de rédiger des notes de synthèse sur les dossiers et d’élaborer des projets de jugement.

Interlocuteurs

Les assistants de justice sont en contact permanent avec les magistrats, les greffiers et tous les fonctionnaires des juridictions judiciaires et administratives.

Hiérarchie

Les assistants de justice travaillent sous l’autorité des magistrats. 

Possibilités d’évolution

La plupart des assistants de justice préparent le concours de la magistrature, mais d’autres se destinent également à la carrière d’avocat.

Rémunération

L’assistant de justice est un vacataire. Il exerce ses fonctions à temps partiel, ses vacations horaires ne pouvant excéder 120 heures par mois, dans la limite de 1080 heures par an, pour un salaire mensuel de 450 à 500 euros nets. 

Accès à la fonction

Pour devenir assistant de justice, il faut justifier d’un Master 1 en droit, même si la plupart d’entre eux sont titulaires d’un Master 2. Il faut ensuite postuler dans la juridiction de son choix. Le recrutement se fait sur dossier et après entretien. Les magistrats sont très exigeants : seuls les meilleurs étudiants sont choisis (mentions, stages divers, motivation…). 

Marché de l’emploi

Le recrutement s’effectue par contrat d’une durée de deux ans, renouvelable deux fois. Les demandes sont nombreuses et les places limitées.

A savoir 

Il existe également des postes de « juristes assistants », qui requièrent un niveau d’études plus élevé : doctorat en droit ou diplôme sanctionnant cinq ans au moins de formation juridique post-baccalauréat, avec 2 années d'expérience professionnelle dans le domaine. Ces juristes assistants travaillent auprès des magistrats à temps partiel ou complet, pour une durée maximale de 3 ans, renouvelable 1 fois.


Pour aller plus loin 

Ministère de la Justice, Direction de l’administration centrale, à Paris
Tel : 01 44 77 60 60
www.justice.gouv.fr

Portrait

Isabelle de Person, ancienne assistante de justice à Paris

"Répondre aux besoins immenses des justiciables"
La magistrature ne s’est pas imposée d’elle-même, mais pas à pas, dans le projet professionnel d’Isabelle de Person. Et l’assistanat de justice n’y est pas pour rien. Isabelle de Person mène tout d’abord ses études de droit et sciences politiques à « La Catho » (Institut Catholique de Paris).

En deuxième année de licence, elle passe son stage d’observation au TGI de Melun (77). L’année suivante, il se déroule en cabinet d’avocats. « Cela m’a permis de tester les environnements de travail et de comprendre leurs contraintes. »

La juriste enchaîne sur un LLM aux Pays-Bas, à Leiden, pendant un an. Elle entre ensuite en stage de six mois à la Cour Pénale Internationale, à La Haye. « C’était très enrichissant. J’avais conscience d’approcher des affaires qu’on ne voit nulle part ailleurs. » Elle suit en parallèle un Master en droit public à distance avec La Sorbonne. « C’est une matière qui m’intéresse, je voulais l’approfondir. Je me suis longtemps interrogée sur mon orientation mais je savais déjà que la magistrature m’attirait. »

On l’encourage à préparer le concours de l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM). Elle entre à l’IEJ dans cette optique. Elle effectue ensuite un stage de trois mois au Parquet général de la Cour d’appel de Paris, de janvier à avril 2015, auprès d’un magistrat habilité santé publique et JIRS (juridictions interrégionales spécialisées, structures de lutte contre la délinquance et la criminalité dans des matières techniques). « Cela s’est très bien passé et on m’a incitée à postuler à un poste d’assistant de justice. »

Elle est embauchée en octobre 2015 et exerce jusqu’en janvier 2017, quand elle donne sa démission pour partir à l’ENM. « Le travail de l’assistant de justice dépend beaucoup du service auquel il est rattaché. Au Parquet général, on n’est pas dans le vif des dossiers, car on traite d’affaires signalées, donc complexes ou sensibles. On n’a pas tous les PV d’audition, les actes d’enquête. On travaille avec un angle de vue plus élevé. »

La jeune femme suit l’actualité législative,  fait des recherches juridiques, rédige parfois des notes sur de grandes problématiques. Elle intervient également en appui sur les dossiers, pour aider à la prise de décision. Analyse rigoureuse, esprit de synthèse sont au rendez-vous pour rendre compte rapidement des recherches et des enjeux généraux. « Au fil des mois, le magistrat auquel j’étais rattachée m’a confié plus de missions. »  Une période très formatrice, qui l’a aidé à voir plus clair pour la suite : « au départ, je pensais être faite pour le Siège. Mais depuis cette expérience, je me projette plutôt au Parquet pour quelques années. Les magistrats ont la chance d’avoir accès à une diversité de fonctions extraordinaire, il faut en profiter. »