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Le Bac +5, nouveau standard

Les entreprises et la fonction publique sont friandes de 3e cycles. En droit, pousser ses études jusqu’en cinquième année devient même la norme. Mais quel diplôme viser ?

Plus de 95 000 étudiants obtiennent chaque année un 3e cycle dans l’Hexagone. Dans le droit, la fiscalité, les ressources humaines, les diplômes à Bac + 5 sont devenus la marotte des employeurs. Beaucoup l’exigent avant d’étudier une candidature… et rejettent systématiquement les titulaires de simples Master I. Sans même parler de la licence : « sortir à Bac+3 pour un juriste équivaut à terminer ses études avec un Bac », assène un responsable de formation. 

Qu’apporte cette formation longue ? Elle peut servir à spécialiser un parcours généraliste, à obtenir une double compétence, à réaliser des stages pointus, à s’intégrer dans un cursus effectué pour une part à l’étranger. 

La crise aidant, poursuivre ses études ou faire un second Bac+ 5 devient de plus en plus tentant. Pourquoi pas ? Mais le parcours doit rester en cohérence avec un projet professionnel. On ne peut pas reporter sine die le grand plongeon dans le monde du travail…

Les différents diplômes : 

Les Masters
C’est la voie des juristes. Les universités préparent à des masters qui durent deux ans : une première année en master I (ancienne maîtrise), suivie par un master 2. 

Les M2 professionnels spécialisent dans un secteur d’activité et préparent à l’emploi. Ils sont deux fois plus nombreux que les M2 recherche, qui forment à la méthodologie de la recherche, avec, en ligne de mire, une éventuelle poursuite en doctorat. Certaines universités abandonnent toutefois cette distinction, pour donner plus d’ouverture à leurs étudiants. Les M2 ont alors un tronc commun, que l’étudiant complète soit par un stage ou soit par un mémoire. 

Tous les masters sont des diplômes d’Etat, donc nationaux. Mais on voit aussi se développer les cursus intégrés, ou masters binationaux. Dans ce type de programmes, un établissement français propose des périodes d’études alternées avec une ou plusieurs universités étrangères. 

Les Diplômes d’Universités (DU)
Les universités délivrent également des titres qui leur sont propres, les Diplômes d’université (DU). La différence ? Ces derniers ne sont pas homologués par le ministère de l’Enseignement Supérieur. Ils peuvent toutefois être utiles pour compléter un cursus, car ils attestent d’un niveau de compétence, à vérifier au préalable, puisqu'il peut varier de Bac + 1 à Bac +5 ! Certains ne sont que des certificats préparés simultanément avec un 3e cycle, d’autres des diplômes à part entière, mais pas forcément reconnus pour l’accès au doctorat. 

Les Magistères 
Il en existe quelques uns pour les juristes, en droit des affaires notamment. Les magistères sont des diplômes d'excellence universitaire, nationaux, préparés en trois ans après deux premières années d'études supérieures, et à finalité professionnelle.

Les Mastères Spécialisés (MS)
Dans un autre registre, les mastères spécialisés (MS) sont l’apanage des établissements membres de la Conférence des grandes écoles, qui décerne ce label depuis 20 ans. Les quelque 400 formations concernées sont de haute qualité, souvent créées sous l’impulsion des entreprises qui ont besoin de profils spécifiques. Elles permettent à des étudiants déjà titulaires d’un Bac+5 ou d’un Bac+4 complété par une expérience professionnel (sauf dérogations) de se spécialiser ou d'acquérir une double compétence qui colle au marché de l’emploi. 

Les Masters of Business Administration (MBA)
Venus des Etats-Unis, les MBA sont des références internationales, plutôt haut de gamme et onéreuses, orientées commerce et management. Par leur approche professionnelle, ils peuvent apporter une autre dimension à un parcours de juriste. En France, on en trouve à l’EDHEC, chez Audiencia à Nantes, à l’ESC Rouen … « Les MBA et les master pro sont très proches, mais les premiers sont plus visibles auprès des recruteurs internationaux, pointe-t-on à l’ESG, à Paris. On choisit aussi un MBA pour l'insertion professionnelle qu'il offre. » 

On trouve dans leurs rangs de nombreux cadres expérimentés qui y voient un accélérateur de carrière. Ils séduisent également les étudiants désireux de s'ouvrir d'autres horizons, car il n’est pas rare que l’enseignement se fasse dans une langue étrangère, que le cursus prévoie quelques mois sur un campus hors des frontières, et que les promotions accueillent plusieurs étudiants d’autres continents. 

Mais prudence : Les MBA ne sont pas des diplômes nationaux et l'appellation n'étant pas protégée, tout établissement peut l’utiliser. Pour y voir un peu plus clair, mieux vaut jeter un oeil aux classements d’institutions internationales, comme EQUIS en Europe, qui évaluent la qualité des MBA.