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Avocat

L’avocat a pour mission de conseiller et défendre son client - qui peut être un particulier, une entreprise, une association - devant la justice. Mais cette profession attirante et médiatique, qui s’élargit, recèle de grandes disparités, notamment de revenus.

Le métier

Professionnel du droit, l'avocat est le seul partenaire juridique qui assiste, représente et défend les particuliers ou les personnes morales (entreprises, associations, etc.) devant la justice. Il plaide en cas de procès, mais il est aussi conseiller. Il intervient le cas échéant aux côtés d’autres professionnels du droit (notaires, huissiers…) ou du chiffre (expert-comptables). Cette profession réglementée, accessible aux titulaires du certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA),  est soumise à des règles déontologiques strictes.

La plupart des avocats exercent en libéral : plus d’un tiers en mode individuel, 30% comme associés et autant en tant que collaborateurs. Seule une minorité (5 %) sont salariés d’un cabinet. Les femmes sont majoritaires dans la profession (55%). 

On compte aujourd’hui plus de 65 400 avocats en France. Un chiffre en très forte croissance (en moyenne +3,1% par an) qui s’explique par l’attrait, mais aussi l’élargissement de la profession. Les avocats ont en effet absorbé les conseils juridiques en 1992, puis les avoués en janvier 2012. L’idée d’un rapprochement avec les juristes d’entreprise, n’a jamais abouti. 

Plusieurs réformes ont impacté la profession ces dernières années. La loi de modernisation des professions judiciaires ou juridiques du 28 mars 2018 a modernisé les structures d’exercices des professions réglementées et du chiffre (avocats, notaires, huissiers de justice, conseils en propriété industrielle…) et ouvert la voie de l’ « interprofessionalité capitalistique ». Elle a également créé l'acte contresigné d'avocat, ayant force probante, et achevé la fusion des professions d'avocat et d'avoué.  

La « loi Macron » du 6 août 2015 contient plusieurs dispositions qui concernent directement la profession. Le texte permet d’opter pour certaines structures commerciales de droit commun (SARL, EURL, SA ou SAS) lors de la création d’une société d’avocats et ouvre le capital social à un plus grand nombre d’investisseurs. Il a donné naissance à la société pluri-professionnelle d’exercice qui permet à plusieurs professions réglementées du droit et du chiffre d’exercer en commun. Il étend à la Cour d'appel le champ de la postulation (dont le tarif n’est plus fixé) des avocats et leur impose l'établissement d'une convention d'honoraires écrite. Enfin, il facilite la création de bureaux secondaires. 

En 2018, les représentants des barreaux et de nombreux avocats ont été très mobilisés contre le projet de loi de programmation pour la justice présenté en avril, qui fait suite au lancement des cinq chantiers de la justice (déploiement du numérique, simplification des procédures pénales et civiles, réorganisation territoriale et efficacité des peines) en octobre 2017. Cette réforme, conçue pour accélérer le rythme des procédures et « rétablir la confiance », ne convainc pas les avocats. Ils craignent de voir la justice privatisée, son accès compliqué par la fusion prévue des tribunaux d’instance (TI) et de grande instance (TGI), et redoutent des atteintes aux libertés dans le volet pénal de la réforme.  

Missions

Les avocats généralistes traitent tous types de dossiers et de clientèle, tandis que les avocats d’affaires travaillent exclusivement pour le monde de l’entreprise. On connaît le pénaliste plaidant en robe noire ou le redresseur de tort soutien de la veuve et de l’orphelin. Dans les faits, les grandes causes se font rares et le rôle de l’avocat consiste davantage à gérer des situations d'urgence (gardes à vue, comparutions immédiates, détentions provisoires…) et des querelles familiales (divorce, attribution de la garde d’enfant…). C’est un métier exigeant, où certains gagnent mal leur vie. Résultat : dix ans après leur prestation de  serment, près du tiers des avocats rendent leur robe, selon le Conseil National des Barreaux. Depuis quelques années, les nouvelles technologies modifient les pratiques. La dématérialisation des procédures et des échanges avance à grand pas.

Interlocuteurs

Les avocats sont en contact permanent avec leurs clients - particuliers ou entreprises -, avec leurs associés et collaborateurs, et avec d’autres professionnels du droit. 

Hiérarchie

Les avocats sont regroupés en barreaux établis auprès de chaque tribunal de grande instance.
Chaque barreau élit pour l’administrer un conseil de l’Ordre, qui veille au respect des règles déontologiques. Il est présidé par un bâtonnier, également élu.
 

Possibilités d’évolution

L’avocat débute sa carrière comme collaborateur et peut ensuite devenir associé dans un cabinet. Il peut aussi décider de créer sa propre structure s’il a une clientèle personnelle suffisante.

Rémunération

Les avocats sont rémunérés en honoraires. Le montant des honoraires est fixé librement, au forfait (par dossier ou par abonnement) ou au temps passé, sur la base d'un taux horaire qui dépend de la complexité de l'affaire, ainsi que de la spécialité, de la notoriété, de la région et de la structure d'exercice de l'avocat. Ce taux horaire peut varier de 100 euros à 800 euros hors taxes, voire le dépasser.  A Paris, le taux horaire moyen est d'environ 200 euros HT. Il est possible d'ajouter un honoraire de résultat, calculé en fonction du gain obtenu. 

Un collaborateur libéral est rémunéré sous forme de rétrocessions d’honoraires pour les dossiers qu’il traite au sein du cabinet. Il peut en parallèle développer une clientèle personnelle.  L'avocat doit supporter des frais généraux (locaux professionnels, charges sociales, collaborateurs, secrétariat...) qui constituent une part essentielle (entre 40 et 60 %) de l'honoraire qu'il facture à ses clients.

Selon le Conseil National des Barreaux, le revenu moyen annuel d’un avocat était de 75 630 euros et le revenu médian de 43 849 euros en 2014. Après trois ans consécutifs de baisse, le revenu moyen a toutefois remonté, à 77004 euros, l’année suivante. Un débutant touche en moyenne 2000 euros par mois, revenus qui peuvent tripler en quelques années, et grimper au-delà dans les cabinets d’affaires anglo-saxons. Mais ces chiffres cachent de grandes disparités. De nombreux professionnels vivotent, particulièrement les généralistes. « Même si le client particulier est majoritaire pour nombre de cabinets, l’essentiel du chiffre d’affaires (69 %) est réalisé avec des entreprises (dont les institutionnels banques et assurances) », pointe ainsi une récente étude de l’Observatoire des métiers dans les professions libérales.

Accès à la profession

On peut se porter candidat aux centres régionaux de formation professionnelle des avocats (CRFPA), couramment appelé « école d’avocats » (EDA), dès lors que l'on a obtenu un Master 1 juridique ou une équivalence. Toutefois, la plupart des candidats sont titulaires d'un diplôme de troisième cycle universitaire en droit, voire de plusieurs diplômes et, pour les avocats d’affaires, d’une double formation (droit et école de commerce, droit et nouvelles technologies, etc.). L'accès à la profession passe par la réussite de l'examen d'entrée dans un CRFPA. Une fois admis, l'élève avocat suit un cursus alternant cours et stages pendant dix-huit mois. Certains professionnels peuvent en être dispensés, sous conditions strictes. Les études sont sanctionnées par le Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA), dont l’obtention permet de prêter serment.  

Marché de l’emploi

Plus de 3000 avocats sortent de l’école chaque année. Poser sa plaque n’est donc pas de tout repos, car la concurrence est rude pour constituer une clientèle, même si les besoins en conseil juridique augmentent.  

Pour aller plus loin 

Consulter le rapport sur « L’avenir de la profession d’avocat » publié en février 2017 à la demande du ministère de la Justice par l’avocat d’affaires parisien Kami Haeri.  

Conseil National des Barreaux : www.cnb.avocat.fr

École de formation du barreau de Paris : www.efb-paris.avocat.fr

Portrait 

Caroline FONTAINE-BÉRIOT, avocate à Aix-en-Provence 

« Se spécialiser et communiquer»
 Caroline Fontaine-Bériot a suivi un parcours d’avocate classique. Faculté de droit à Strasbourg, jusqu’à la licence, puis maîtrise et DEA (droit des affaires) à Aix-en-Provence. CAPA en poche, elle prête serment dans la même ville en 1996. Les six années suivantes, elle est collaboratrice dans deux gros cabinets d’Aix. « Il est essentiel de faire cette expérience dans de belles structures pour travailler sur des dossiers de haut niveau avec des gens compétents. Mais la collaboration est un statut exigeant, un faux salariat basé sur un fixe et des rétrocessions d’honoraires. Cela doit rester un marchepied. »
 
En 2002, Caroline Fontaine-Bériot s’installe à son compte. Elle se constitue une clientèle en quelques années.  Les journées sont longues mais  le bouche à oreille fonctionne et Caroline Fontaine-Bériot se construit un réseau. En 2007, elle a la bonne idée d’ouvrir un blog d’informations juridiques, assez précurseur à l’époque, qui plaît et la distingue à Aix, où plus de 800 avocats ont leur plaque !
 
Caroline Fontaine-Bériot choisit à la même époque d’exercer dans une structure de moyens partagées avec sept confrères. « Nous nous apportions une aide mutuelle pour les audiences et les dossiers compliqués. Nous avions tous des spécialités différentes, de sorte que nous pouvions répondre, collectivement, à bon nombre de dossiers. »
 
Cependant, l’inflation législative et les réformes qui se succèdent rendent difficile l’exercice d’avocat généraliste. Et la profession est en plein bouleversement. « Les cinq dernières années ont transformé notre façon de travailler. La disparition des avoués, les réformes de la procédure devant la Cour  d’appel, le E-barreau, l’apparition de cabinets de conseil en ligne, la possibilité, nouvelle  pour les avocats, de faire de la publicité, et les réformes annoncées de la Justice obligent à des adaptations constantes. »
 
Caroline Fontaine-Bériot pratique aujourd’hui deux activités dominantes : le droit de la famille, avec une expérience confirmée en droit international, et le droit médical et droit de la réparation du préjudice corporel. Elle a décidé de spécialiser son cabinet, en préparant récemment un diplôme de Réparation Juridique du préjudice Corporel à la faculté de médecine de Marseille. Elle a par ailleurs peaufiné sa communication en créant la marque medicaAVOCAT, qui s’appuie sur un site internet modernisé.
 
En 2016, l’avocate a acheté de nouveaux locaux, accessibles aux personnes à mobilité réduite, dans le centre-ville d’Aix-en-Provence. Elle s’y est installée avec trois confrères aux spécialités complémentaires et un professionnel du chiffre avec lequel elle peut notamment travailler sur le calcul des préjudices professionnels dans ses dossiers médicaux et d’accidents.