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Juriste en cabinet d'avocats

Le juriste en cabinet est chargé de prévenir et de défendre les intérêts des clients du cabinet. Il occupe à ce titre la même place qu’un avocat collaborateur. Seule différence : il n’est pas autorisé à plaider.

Le métier

Le juriste exerçant au sein d’un cabinet d’avocats est chargé de traiter des problèmes juridiques posés par les clients du cabinet. Son rôle peut consister non seulement à prévoir et prévenir mais aussi à « réparer » les erreurs, notamment en s’occupant des actes de procédures.

Interlocuteurs

Au sein du cabinet, le juriste occupe la même place qu’un avocat collaborateur. Il est en relation avec les associés, les avocats collaborateurs et les assistantes juridiques. Sous la supervision d’un ou plusieurs avocats, il peut également être en contact avec les clients du cabinet.

Hiérarchie

Le juriste en cabinet dépend des avocats collaborateurs ou, directement, des avocats associés du cabinet.

Possibilités d’évolution

Deux opportunités de carrières peuvent s’offrir : certains se dirigent vers le monde de l’entreprise et intègrent une direction juridique ; d’autres optent pour le métier d’avocat en bénéficiant de la passerelle entre ces deux professions. En effet, depuis 2005, ils peuvent prêter serment comme avocat s’ils justifient de huit années d’expérience professionnelle au sein d’un ou plusieurs cabinets d’avocats après l’obtention de leur diplôme de Master 1. La création d’un statut d'avocat en entreprise, prévu dans le projet de loi Macron, a été abandonnée.

Accès à la profession

Pour accéder à la profession, il suffit d’être titulaire d’un Master 1 en droit et non du CAPA comme les avocats. Cependant, dans la plupart des cas, les recruteurs préfèrent les candidats qui ont suivi une année supplémentaire de spécialisation leur ayant permis d’acquérir des compétences pointues. La connaissance d’une deuxième langue (en général, l’anglais) est de plus en plus exigée, surtout en cas de pratique du droit européen ou du droit international.

Portrait

Eugénie Depardon, juriste et senior manager en cabinet d’avocats à Paris
«La même évolution qu’un collaborateur avocat»

C’est en étudiant le droit des affaires à l’université Paris II Panthéon-Assas qu’Eugénie Depardon découvre la fiscalité.
« J’ai tout de suite aimé cette matière concrète, pratique. Ca a été une révélation».
Elle poursuit donc dans cette voie, en intégrant un M2 de droit fiscal, orienté recherche, à la Sorbonne, en 2007. « Mais je m’interrogeais. Devenir avocate ou pas ? M’orienter vers la fiscalité personnelle, qui m’attirait le plus, ou rester plus généraliste ? ».
A la sortie de son cursus, elle se fixe comme objectif d’avoir une expérience dans un « beau cabinet ». Elle envoie son CV aux « Big Four » pour faire un stage d’été avant, pense-t-elle alors, d’intégrer un second master spécialisé en patrimoine. EY Société d’Avocats lui répond et lui fait passer une série d’entretiens. « J’ai eu raison de ne pas m’impatienter, puisqu’on ne m’a pas proposé un stage, mais un poste ! »

Elle est embauchée en septembre 2008 comme juriste fiscaliste dans le département « Human Capital », une équipe qui s’occupe de  mobilité internationale (droit du travail, droit de la sécurité sociale et fiscalité personnelle pour des salariés expatriés ou impatriés).
La jeune recrue tente le CAPA, le rate de peu et décide de ne pas le repasser, en accord avec ses supérieurs. « En faisant ce choix, j’ai dû mettre les bouchées doubles pour démontrer que j’avais la même formation qu’un avocat et que j’étais capable de prendre les mêmes responsabilités. C’était possible car le département « Human Capital »se concentre sur le conseil et fait peu de contentieux. J’ai donc bénéficié de la même évolution qu’un collaborateur avocat», signale-t-elle.

Eugénie Depardon est aujourd’hui « senior manager » dans le département « People Advisory Services ». «C’est un service à cheval entre les métiers du droit et du conseil. Il concerne toutes les problématiques que peuvent rencontrer les DRH. » La juriste chapeaute une équipe de cinq collaborateurs axés sur les questions fiscales et sociales liées aux rémunérations et encadre ponctuellement une quinzaine de spécialistes de la mobilité internationale, son premier domaine d’intervention. Elle participe comme les autres managers à l’animation des formations techniques internes. « Mais je sais que pour être associée, il faudra que je devienne avocat, » reconnaît-elle.

A moyen terme, Eugénie Depardon envisage donc de profiter de la passerelle qui permet à certains professionnels ayant plus de huit ans d’expérience d’accéder, sous condition, au port de la robe.