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Juriste de droit social

Le juriste en droit social travaille le plus souvent au sein d’une direction des ressources humaines, service central dans l’organisation d’une entreprise. Il doit allier de solides connaissances techniques à de réelles qualités humaines. 

Le métier 

Le juriste en droit social assure une mission d'assistance et de conseil en matière de législation du travail et de gestion sociale. Il travaille généralement en entreprise, au sein d’une direction des ressources humaines, mais il peut également être salarié d’un syndicat ou d’une organisation patronale. Le juriste en droit social cumule parfois plusieurs fonctions, liées au recrutement, à la « paie et administration du personnel », à la formation…
Les juristes en droit social sont sous le feu des projecteurs avec la réforme du Code du travail par ordonnances, engagée en 2017. Les nouvelles mesures concernent notamment la procédure de licenciement, la négociation collective en entreprise ou la mise en place du conseil social et économique (CSE), destiné à remplacer l'ensemble des institutions représentatives élues du personnel dans toutes les entreprises d’au moins 11 salariés d’ici le 1er janvier 2020. 

Missions

Le droit social est en perpétuelle évolution, tant législative que jurisprudentielle et la veille, dans ce domaine, doit donc être particulièrement soutenue. Les fonctions du juriste en droit social varient en fonction de la taille de l’entreprise. Il doit notamment valider la totalité des contrats de travail. Il est responsable de la gestion administrative du personnel (RTT, congé maternité, congés payés, absentéisme, accidents du travail, etc.) et de la paie. Il est également souvent partie prenante dans les négociations avec les partenaires sociaux et il est chargé d’accompagner les plans sociaux. En cas de licenciement, il est l’interface entre l’entreprise et le salarié. 

Interlocuteurs

À l’intérieur de l’entreprise, le juriste en droit social est en relation avec les salariés, les dirigeants, le comité de direction, les partenaires sociaux. À l’extérieur, il a des contacts avec l’inspection du travail, la médecine du travail, l’URSSAF, etc.

Hiérarchie

Dans les grosses entreprises, le juriste en droit social dépend de la direction des ressources humaines qui dépend elle-même de la direction générale ou de la direction administrative et financière. Dans les petites structures, il pourra cumuler ses fonctions avec celle de DRH. 

Rémunération

Le juriste en droit social peut espérer gagner 30000 euros annuels à son arrivée sur le marché du travail. Doté d’une expérience de trois à six ans, il perçoit entre 42000 euros et 52000 euros par an, selon l’étude de rémunération 2018 du cabinet Robert Half. Au-delà de six ans d’expérience, les salaires grimpent de 55000 euros à 62000 euros.

Accès à la profession 

Un Master 1en droit social au minimum est requis pour accéder à cette profession, mais la préférence des recruteurs ira aux titulaires d’un Master 2 en ressources humaines ou en droit social, dotés d’une bonne connaissance de l’anglais.

Marché de l’emploi

Les titulaires de diplômes en droit social ont toujours des perspectives, car les entreprises ont besoin d’eux en période de vache maigre comme de vache grasse. Le nombre de postes  a grimpé quand de nombreuses entreprises ont dû étoffer leurs équipes pour gérer les conséquences sociales de la crise ou leurs réorganisations. Depuis 2017, c’est l’action conjuguée de la reprise économique et de la réforme du code du travail qui soutient les recrutements. Mais les candidats sont légions… 

Possibilités d’évolution

Après quelques années d’expérience, certains juristes en droit social évoluent vers des postes de DRH ou de responsable d’entreprise. D’autres bénéficient de la passerelle entre les métiers de juriste d’entreprise et d’avocat.

Pour aller plus loin 

Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), à Paris
www.andrh.fr 

Portrait 

Matthieu THÉZÉ, juriste en droit social à Vélizy-Villacoublay

Nous ne connaissons jamais la routine !
Après un Master de droit et pratiques des relations du travail à l’université Paris II, Matthieu Thézé démarre sa carrière en 2002 par un remplacement de congé maternité. À la fin de sa mission, il est embauché chez Turbomeca, une filiale du groupe Safran, qui emploie plus de 6 000 personnes dans le monde. Il rejoint la DRH du siège social, à Bordes, près de Pau. « Sur un site de production, on est plus près du terrain », remarque-t-il. Le jeune juriste gère les contentieux sociaux, assure une veille, vérifie l’application des accords collectifs...

En décembre 2007, Matthieu Thézé revient en région parisienne, pour intégrer le siège du groupe Total, à La Défense. Pendant plus de trois ans, il occupe un poste de juriste en  relations sociales au sein de la branche Exploration & Production. « Je me suis occupé plus spécifiquement des instances du personnel. J’allais aux réunions du comité central d’entreprise (CCE) de ma branche, qui comptait 5 000 salariés en France, à celles du comité d’entreprise, et je participais aux négociations avec les organisations syndicales. C’est un volet plus politique de la fonction de juriste. » Puis il rejoint une autre branche du groupe Total (Gaz Energies Nouvelles) pour occuper un double poste : juriste en relations sociales sur les projets d’acquisition ou de cession de sociétés et responsable des RH pour une filiale, CDFEnergie.

Nouveau tournant en janvier 2013. Matthieu Thézé rejoint le Groupe Thales. Il occupe un poste de juriste en relations sociales au sein de la société Thales Avionics, basée à Vélizy-Villacoublay, et plus largement de l’entité « Avionique » à laquelle sont rattachées 7 sociétés comportant au total 16 établissements et 7500 salariés. Les problématiques à traiter sont très variées avec de réels enjeux d’anticipation et de coordination des changements.

D’octobre 2014 à juin 2017, Matthieu Thézé est impliqué dans un projet de regroupement d’activités de Vélizy-Villacoublay à Bordeaux. Désormais basé en région bordelaise, il exerce ses fonctions de responsable droit social au sein d’un périmètre qui a évolué suite à la fusion de quatre des sept sociétés du groupe. Avec la mise en place de statuts collectifs harmonisés, et, en parallèle, le déploiement du « Comité social et économique » (CSE), nouvelle instance créée par la réforme du code du travail, les sujets juridiques à traiter ne manquent pas !  

Matthieu Thézé aime cette diversité de missions. « Nous sommes dans une des branches du droit qui évolue le plus vite. Il y a une nouvelle réforme de taille environ tous les six mois ! C’est très motivant sur le plan intellectuel. Nous ne connaissons jamais  la routine. Face à ces changements constants, le juriste en droit social doit bien sûr faire preuve de rigueur. Mais ce n’est pas tout. Il lui faudra être très opérationnel, avoir un sens aigu des relations humaines, une bonne dose de pédagogie « parce qu’en entreprise, nos interlocuteurs ne sont pas des spécialistes du droit » et une réactivité certaine, « car on voit tout de suite les effets des décisions prises à la suite des conseils que nous dispensons aux décideurs. »