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Commissaire des armées

Les commissaires dans les armées exercent des fonctions d’administrateurs militaires dans des domaines variés : droit, logistique, finances, audit, ressources humaines …

Le métier 

Administrateur et militaire, appartenant à un corps interarmées, le commissaire est un officier qui met son expertise au service des forces opérationnelles et de l’ensemble des organismes du ministère de la Défense. On compte aujourd'hui plus de 1800 commissaires des armées, dont un nombre croissant de femmes (dans l’armée de l’air, elles représentent environ la moitié des commissaires). Certains sont déployés sur les différents théâtres d’opération de l’armée française.

Missions 

C’est un expert dans les domaines de l’audit, du contrôle de gestion, du droit, des finances, de la logistique, des achats, des systèmes d’information, etc. Il participe à l’organisation et au maintien en condition opérationnelle des armées. Le commissaire peut occuper des postes à responsabilité au sein de régiments de l’armée de terre, de navires de la marine nationale, de bases aériennes, d’hôpitaux du service de santé des armées et d’organismes de la direction générale de l’armement.
En opérations extérieures ou sur un bâtiment de combat, il est le conseiller privilégié du commandement. Il participe au déroulement des missions: soutien financier et logistique d’une unité déployée, conseil juridique, droit des conflits armés, passation de marchés avec les entreprises locales...

Hiérarchie 

Les commissaires des armées dépendent d’un service commun, le service du commissariat des armées (SCA),  relevant du chef d’état-major des armées. 

Rémunération

La rémunération d’un commissaire varie en fonction de son ancienneté, de son grade, de sa situation familiale et de son lieu d'affectation. Il touche une prime spéciale de qualification et bénéficie d’une indemnité pour charges militaires. À titre d’exemple, un commissaire de 2ème classe (grade équivalent à lieutenant) célibataire percevra une solde mensuelle nette d’environ 2200 euros à sa sortie d’école.

Accès à la profession 

Plusieurs types de recrutement sont proposés :

- Pour devenir officier de carrière (équivalent CDI) : 
  • Le concours sur épreuves est ouvert aux jeunes titulaires au minimum d’un bac+3 et âgés de moins de 26 ans. Sélection sur épreuves écrites, orales et sportives.
  • Le concours sur titres s’adresse aux jeunes diplômés d’un bac+5 et âgés de moins de 27 ans. Sélection sur dossier, entretiens individuels et épreuves sportives.
Dans ces deux cas, les pré-inscriptions se font de décembre à mars sur internet.
 
Les lauréats de ces concours suivent une formation rémunérée, de deux ans, à l’Ecole des commissaires des armées basée à Salon-de-Provence. Ils sont titularisés après réussite de leur scolarité. Ils choisissent leur lieu d’affectation en fonction de leur rang de classement et du choix d’environnement (Terre, Marine, Air, Santé, Armement) dans lequel ils aimeraient servir. 
 
- Pour acquérir une expérience professionnelle (équivalent CDD de 1 à 4 ans) :
 
Le recrutement sous contrat est ouvert aux jeunes titulaires d’un bac+3 au minimum et âgés de moins de 33 ans pour officier sous contrat et moins de 26 ans pour volontaire aspirant commissaire « service » et « embarqué ». Les premiers suivent ensuite une formation de six semaines, les seconds de quatre semaines, à l’École des commissaires des armées. La sélection se fait sur entretiens, visite médicale, tests psychotechniques, d’anglais et épreuves sportives. Postuler sur www.etremarin.fr.
 

Hors période de recrutement, envoyer une candidature spontanée à recrutement.commissaires@gmail.com

Marché de l’emploi 

Le recrutement a légèrement augmenté ses dernières années et tourne maintenant autour d’une trentaine de postes. Profils recherchés : étudiants ou jeunes diplômés d'instituts d'études politiques, d’Instituts d’administration des entreprises (IAE), d'écoles de commerce, d’universités en droit, économie ou gestion. 

En 2018, le service du commissariat des armées recrute 34 officiers de carrière (concours sur épreuves et sur titres), environ 45 officiers sous contrat (CDD de 4 ans renouvelable selon les besoins), une dizaine de volontaires aspirants commissaires « service » (CDD 1 an) et environ 8 volontaires aspirants commissaires « embarqué » (CDD 1 an).
 

Pour aller plus loin 

www.commissairesdanslesarmées.defense.gouv.fr
Contact : recrutement.commissaires@gmail.com

Portrait  

Julie Marionneau, Conseiller juridique, à l’OTAN, et expert militaire à l’ONU

J’ai accédé rapidement à des responsabilités Le commandant Julie Marionneau n’aime pas perdre du temps.  Depuis son entrée dans l’armée de l’air, la jeune femme n’a cessé d’enchaîner les missions. Tout se précise à Science Po Aix-en-Provence, où Julie Marionneau entre en 1999 pour quatre ans d’études. Lors d’un forum des carrières publiques, l’étudiante entend parler de l’école du commissariat de l’armée de l’air qui se trouve tout près, à Salon-de-Provence. Elle est séduite par l’aéronautique et découvre une filière de carrières juridiques. Après un an de classe préparatoire au concours de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), toujours à Aix-en-Provence, elle passe donc le concours interarmées et intègre l’école en question, pour deux ans. Elle se forme aux fonctions d’officier (elle apprend à être combattant) et d’administrateur et suit en parallèle un Master de conseil juridique au commandement. « Je voulais exercer des fonctions de « legal adviser » (ou « legad »), l’une des options de carrière, très spécialisée en droit, qui s’offre à nous », explique Julie Marionneau.  Quelque soit leur choix, « les commissaires sont avant tout formés à la gestion financière, à la comptabilité et à l’administration générale », précise la jeune femme.

Première affectation en 2006, sur la deuxième plus grande base aérienne de France, à Cazaux, près d’Arcachon. Elle est adjointe au chef du soutien personnel. Elle entame, dans le même temps, un cursus international en droit des conflits armés. Parfaitement anglophone, elle effectue plusieurs stages dans des centres de formation de l’OTAN. « C’était exigeant », reconnaît-elle. 

D’autant que ses activités ne s’arrêtent pas là : elle est volontaire pour faire des exercices, c'est-à-dire participer à des missions où les avions de l’armée se déploient à l’étranger. En août 2007, elle s’occupe ainsi de toute la logistique d’une opération extérieure de 250 personnes aux Etats-Unis. « Cela permet de voir l’armée de l’air en action. C’est le côté palpitant de ce métier ».

Au lendemain de Noël, la même année, elle démarre son parcours de conseiller juridique en Afghanistan, pendant trois mois. « J’assurais le contrôle des règles d’engagements de la force, je briefais les équipages…  C’était très enrichissant. » Puis c’est le Qatar, sur la base américaine d’Al Udeid. A partir de juillet 2008, elle prend un poste au sein du bureau juridique de l’Etat Major de l’OTAN, à Naples. Elle est « legad » pour les Balkans et le Kosovo. Elle revient régulièrement à Paris, où elle a été affectée en septembre 2009, à sa demande, au sein de l’Etat major opérationnel de l’armée de l’air. Beau parcours, quand on n’a pas encore atteint la trentaine !

Retour à Naples au printemps 2011,  pour traiter les questions juridiques liées au ciblage des activités aériennes de l'OTAN en Libye. Et en septembre, nouveau défi : elle rejoint le secrétariat général à la défense et la sécurité nationale, qui dépend du Premier ministre, pour s’occuper des aspects multilatéraux  de l'exportation des matériels de guerre.

La jeune gradée repart pour l’OTAN à Naples, à l’été 2014. Elle est également, depuis janvier 2017, expert militaire au siège des Nations Unies, rattachée au bureau de Jane Holl Lute, coordonnatrice spéciale pour l’amélioration de la réponse de l’ONU à l’exploitation et aux abus sexuels dans les opérations de maintien de la paix. Désormais commandant, Julie Marionneau peut, si elle le souhaite, profiter de passerelles vers la fonction publique, pour exercer en tant qu’administrateur civil.