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Commissaire officier de police

Le commissaire est avant tout un chef de service tandis que l’officier de police assure des fonctions de commandement opérationnel : missions d’enquêtes, d’information, de surveillance et d’expertise. 

Le métier

Les commissaires de police appartiennent au corps de conception et de direction de la police nationale. Ils sont aujourd’hui autour de 1700 en France. Ils dirigent un service dont ils coordonnent et évaluent les opérations de prévention de l'insécurité et de lutte contre la délinquance. Ils encadrent les officiers chargés de mener les enquêtes et managent les équipes en place. Ils peuvent être à la tête d’un commissariat ou piloter d’autres services au sein de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), des Compagnies républicaines de sécurité (CRS)... .  

Les quelques 10 000 officiers de la police nationale appartiennent quant à eux au corps de commandement de la police nationale. Ces professionnels de terrain mènent les enquêtes et peuvent avoir des missions de surveillance et de renseignement. Ils sont placés sous l’autorité d’un commissaire de police.

Hiérarchie et possibilités d’évolution

Le corps de commissaire de police comprend deux grades : commissaire et commissaire divisionnaire. Le corps des officiers de police comprend trois grades : lieutenant, capitaine et commandant, auquel il faut ajouter un échelon fonctionnel.

Rémunération

A Paris, le traitement net d’un élève commissaire est d’environ 1540 euros par mois et celui d’un stagiaire d’environ 1900. Un commissaire de police gagne plus de 3100 euros nets mensuels au départ et jusqu’à 6700 euros nets en fin de carrière. 
A Paris, un élève officier de police touche quelque 1300 euros nets mensuels, avec  hébergement gratuit. Son premier salaire de stagiaire sera d’environ 1650 2100 euros nets. Un capitaine perçoit, selon son échelon, de 2345 euros à 3709 euros nets. Un commandant au plus haut grade, plus de 3900 euros nets par mois.

Accès à la profession

Les métiers de commissaire de police et de lieutenant (grade d’entrée dans le corps des officiers) sont accessibles sur concours. Le concours de commissaire aux titulaires d’un Master 2 et celui de lieutenant aux titulaires d’une licence (ou diplômes équivalents). Le concours d'officier de police est l'un des plus sélectifs de la fonction publique, avec 2,5 % d’admis en moyenne. Entre 70 % et 90 % des candidats se présentent avec un diplôme de droit même si la matière n’est pas officiellement obligatoire. Une bonne santé et certaines conditions physiques sont exigées des candidats. 

Les futurs commissaires sont formés pendant deux ans à l’École nationale supérieure de la police (ENSP) (www.ensp.interieur.gouv.frde Saint-Cyr-Au-Mont-d’Or (69). Les futurs lieutenants ont une scolarité de dix-huit mois à l’ENSP de Cannes-Écluse (77). Pour être nommé élève (et rémunéré), il faut s'engager à rester au service de l'État pendant sept ans pour les commissaires, cinq ans pour les officiers. 

Marché de l’emploi

Le recrutement s’est stabilisé ces dernières années. En 2018 , 28 postes de commissaires sont ouverts au concours externe, et 33 pour les officiers.

Pour aller plus loin 

Numéro infos carrières: 0 800 22 0 800 (appel gratuit depuis un poste fixe).
Site dédié aux recrutements dans la police : www.lapolicenationalerecrute.fr
École nationale supérieure de la police (ENSP), commissaire et officier : www.ensp.interieur.gouv.fr

Portrait

Anne Le Dantec, commissaire de police à Clichy-la-Garenne

"Des gestionnaires, fermes et disponibles"
Attirée par les métiers de la sécurité et le service public, Anne Le Dantec passe en 2009 le concours de commissaire de police. Fraîchement diplômée de l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix-en-Provence (Master II « Carrières publiques »), la jeune femme réussit du premier coup la sélection. Elle entre pour deux ans de formation en alternance à l’École nationale supérieure de police, à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or. 

C’est l’apprentissage du terrain. « J’avais déjà rencontré des personnes qui exerçaient cette profession. J’avais conscience que je n’allais pas jouer à Julie Lescaut ! », plaisante-t-elle. « Les commissaires ne mènent pas les enquêtes et les interpellations. Ce sont avant tout des gestionnaires. » Sortie dans le tiers supérieur du classement, Anne Le Dantec opte pour l’Ouest et le judiciaire.  Elle entre à l’Hôtel de Police de Nantes, en tant qu’adjointe au chef de la sûreté départementale.

Son service compte 130 personnes au total. Il y a la brigade des mineurs, celle des stupéfiants…  « Je gérais des hommes et des femmes au long cours : leurs tâches quotidiennes, la répartition du travail, leurs congés, certains éléments de leurs carrières  comme l’avancement. Le commissaire gère plus les policiers que les délinquants », résume-t-elle. Etre à l’aise dans les relations humaines, solide et ne pas craindre « la solitude du chef », sont des qualités essentielles. « Les affaires conséquentes exigeaient de bien suivre leurs avancées pour en informer ma hiérarchie. Mais je devais également être réactive pour faire face à ce qui survenait chaque jour. »
Au moins une semaine sur six, Anne Le Dantec est de permanence la nuit et le week-end. « Il faut être très disponible, à la fois en volume horaire et en espace mental. »

En septembre 2013, elle part à Paris prendre les commandes du Service d’accueil et d’investigation de proximité (SAIP) du 8e arrondissement. Deux ans plus tard, elle migre en proche banlieue, à Levallois-Perret, puis prend la direction du commissariat de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), avec une centaine de fonctionnaires de police sous ses ordres, en juin 2017.
Pour l’avenir, Anne Le Dantec sait que la police lui proposera de nombreux métiers : l’investigation dans la sécurité publique ou la police judiciaire, le renseignement, le maintien de l’ordre public … La commissaire n’aura qu’à faire son choix.