Je m'oriente

Directeur des services pénitentiaires

Ces cadres dirigeants peuvent exercer comme directeur de prison ou dans les services régionaux et centraux de l’administration pénitentiaire. Ils mettent en oeuvre la politique de prise en charge des personnes faisant l'objet d’une mesure privative ou restrictive de liberté.

Le métier

Le directeur de services pénitentiaires (DSP) est un fonctionnaire de catégorie A. Il assure la coordination de l'ensemble des acteurs intervenants auprès des détenus et de leur famille. L’administration pénitentiaire compte environ 500 personnels de direction.

Missions

Le directeur de prison assure la direction des personnels pénitentiaires. Il est l'interface entre ses services et l'ensemble des autorités administratives et judiciaires. Il participe à la politique d'application des peines en lien étroit avec les magistrats et travaille en collaboration permanente avec les services pénitentiaires d’insertion et de probation. Il a la responsabilité de son établissement tant en terme de sécurité, que dans les domaines économiques et financiers, avec des objectifs de performance et d'efficacité. Il coordonne l'action des différents personnels et doit trouver les réponses à des situations de crise aussi bien individuelles que collectives. 

Interlocuteurs

Les détenus, leurs familles, le personnel de surveillance, le personnel médical, les syndicats et tous les services internes indispensables au bon fonctionnement d’une prison. 

Possibilités d’évolution

Titularisés à l’issue de deux années de formation, les DSP sont affectés en début de carrière comme cadre de l'équipe dirigeante ou comme adjoint du directeur d'établissement. Puis les parcours se diversifient : directeur d’un service pénitentiaire d’insertion et de probation, cadre dirigeant en direction
interrégionale, à l’ÉNAP ou à la direction centrale de l’administration pénitentiaire… Leur carrière est marquée par la mobilité.

Rémunération

Un DSP débutant gagne environ 2100 euros nets mensuels (1600 euros en tant qu’élève). En fin de carrière, au niveau le plus élevé (directeur interrégional et fonctionnel), il perçoit plus de 6 200 euros nets mensuels.

Accès à la profession

Le concours externe de directeur des services pénitentiaires est ouvert aux candidats âgés de moins de 45 ans, titulaires d’un des titres ou diplômes (Bac+3) exigés pour le concours externe d’entrée à l’ENA, ou justifiant d’une équivalence.
La formation des élèves DSP, rémunérée environ 1 630 euros nets, se déroule sur 24 mois en alternant les cours à l’École nationale de l'administration pénitentiaire (ENAP) et des stages extérieurs. 

Marché de l’emploi

L’augmentation du nombre de prisons dans l’Hexagone maintient le niveau d’embauche. Entre 15 et 20 postes sont ouverts au concours externe chaque année (22 postes en 2018). Mais la sélection est rude.

Pour aller plus loin 

École nationale d'administration pénitentiaire
www.enap.justice.fr

 

Portrait

Valérie Bias-Wirbel, Directeur fonctionnel des services pénitentiaires et de probation de la Haute Vienne et de la Creuse

Disponibilité et sang froid Valérie Bias-Wirbel a découvert le concours de l’administration pénitentiaire par hasard, dans un quotidien. Elle venait de terminer son certificat à l’Institut de criminologie de Paris, après un bac+5 en droit de la communication. Reçue, elle entame sa scolarité à l’École nationale d’administration pénitentiaire en 2000 et devient, un an plus tard, adjointe au chef du centre pénitentiaire de Laon, où 500 détenus se répartissent entre une maison d’arrêt, un centre de détention et un quartier pour mineurs. « J’étais responsable de la détention, mais je faisais également le lien avec les concessionnaires pour le travail en atelier, avec les organismes professionnels pour la formation, avec les intervenants socio-culturels ou de santé… J’assurais également la présidence de la commission de discipline. C’était un poste de gestion pluridisciplinaire. » Être cadre en prison n’est pas de tout repos. « Cela exige une certaine solidité et une forte disponibilité. En tant que responsable, il faut trouver le bon équilibre, être à l’écoute mais ne pas se laisser submerger. Vis-à-vis des détenus, il est essentiel de toujours donner des réponses et faire preuve de sang froid. Il faut savoir également être très directif : on peut être amené à gérer parfois de gros incidents. »

En septembre 2005, Valérie Bias-Wirbel devient directrice du centre pour peines aménagées de Villejuif, dans le Val de Marne. Cet établissement est axé sur la préparation à la sortie d’hommes majeurs ayant des reliquats de peines inférieurs à un an. L’aspect insertion est primordial dans ce poste, qui exige aussi de gérer un budget, des équipes et d’entretenir de bons contacts avec la municipalité. Six ans plus tard, Valérie Bias-Wirbel est nommée chef du département des ressources humaines et des relations sociales de la mission des services pénitentiaires de l’Outre-Mer.  Sur ces territoires, elle gère la carrière et les parcours des personnels, participe au dialogue social, suit les questions d’hygiène et de sécurité, soutient l’organisation des services, pilote la masse salariale, supervise la formation… Tout un programme.

En février 2015, Valérie Bias-Wirbel part vers le Sud, comme directeur fonctionnel des services pénitentiaires d’insertion et de probation de la Haute-Vienne et de la Creuse. Elle est désormais responsable du pilotage, de l’organisation et du fonctionnement de ces SPIP, assistée d’un adjoint.  Ses missions vont de la planification des objectifs des équipes à la communication interne, en passant par le développement de partenariats externes pour la prévention de la récidive et la gestion des budgets.