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Enseignant chercheur

Chargé de TD, maître de conférences ou professeur agrégé, l’enseignant-chercheur exerce le métier du droit le plus familier des étudiants. 

Le métier

On compte quelque 56000 enseignants-chercheurs en France. Ces enseignants à l'université sont des fonctionnaires rattachés à un établissement public d’enseignement supérieur et de recherche.

Un maître de conférences doit assurer 192 heures de travaux dirigés ou 128 heures de cours magistral par an. La fonction de professeur autorise, sous certaines conditions, l’exercice d’une profession libérale en relation avec la matière enseignée. De nombreux professeurs agrégés en droit exercent ainsi également la profession d’avocat ou de consultant juridique. 

Missions

L’enseignant-chercheur a deux missions principales : transmettre son savoir à ses étudiants et poursuivre des travaux de recherche dans sa spécialité. Il est chargé d’organiser les travaux dirigés et les examens de sa matière, et de diriger des travaux de mémoire ou de thèse. Il est également amené à participer à des groupes de travail, à produire des publications dans son domaine d’excellence, et à donner des consultations. Aucun contrôle particulier n’est exercé sur cette partie de son activité, si ce n’est le jugement de ses pairs.

Toutefois, la répartition entre l’enseignement et les autres activités est décidée par le président de l'université, ayant désormais des compétences élargies pour recruter et gérer les carrières des enseignants-chercheurs. 

Hiérarchie

L’enseignant peut avoir successivement le statut d’allocataire d’enseignement et de recherche (ALER), d’assistant temporaire d’enseignement et de recherche (ATER), de maître de conférences ou de professeur agrégé. Un professeur agrégé évolue de la seconde à la première classe, puis hors classe. 

Rémunération

Un maître de conférences débutant perçoit environ 1700 euros nets par mois. En fin de carrière, il touche quelque 3600 euros nets par mois. Un professeur d'université émarge à environ 3000 euros nets en début de carrière et 5 000 euros nets en fin de carrière, hors primes. 

Accès à la profession 

L’enseignant-chercheur doit avoir soutenu une thèse après un Master 2. Pendant la rédaction de la thèse, le doctorant peut obtenir une allocation de recherches financée par le ministère de l’Éducation nationale. Un allocataire de recherches peut bénéficier d’un monitorat et, à ce titre, effectuer des travaux dirigés sous la direction d’un professeur ou d’un maître de conférences. Une fois le doctorat obtenu, il devra s’inscrire sur la liste de qualification établie par le Conseil national des universités dans chaque section juridique (droit privé ; droit public ; histoire du droit ; science politique) et postuler aux postes de maître de conférences offerts par chaque université. Pour accéder au statut de professeur des universités, le maître de conférences devra ensuite réussir le concours de l'agrégation externe ou interne. 

Marché de l’emploi

La sélection est rigoureuse et le nombre de postes chute. En 2017, quelque 2 200 postes de maîtres de conférence et professeurs étaient publiés par les universités françaises.

Pour aller plus loin 

Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation : http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/
Galaxie, le portail des personnels du supérieur
https://www.galaxie.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ensup/candidats.html

Portrait  

Christine BERTRAND, maître de conférences et doyen de l’école de droit de Clermont-Ferrand

« Aimer transmettre et communiquer »
Christine Bertrand se serait bien vue magistrate. C’était sans compter sur l’attrait du droit public, qui la conquiert dès son entrée à la faculté de droit de Clermond-Ferrand. Autre révélation en DEA (Master II) : elle se découvre un goût pour la recherche et la transmission. Elle s’engage dans une thèse de droit administratif à Paris II (Panthéon-Assas), et, dans le même temps, devient allocataire de recherches puis chargée de cours (ATER) à Dijon. Après une soutenance en 1990, Paris XII-Saint Maur la recrute comme maître de conférences en droit public. Premiers « amphis » bondés, premières suées, puis les règles du métier rentrent : apprendre le détachement, repérer et contrer les chutes d’attention dans la salle, favoriser le contact direct. « On m’a proposé un séminaire de DEA sur l’influence du droit européen sur le droit administratif. C’est comme ça que j’ai « dévié » ! J’ai eu un coup de foudre intellectuel pour cette matière riche, en constante évolution. » Elle reste deux ans en Ile-de-France puis rejoint l’Université Clermont Auvergne, où elle enseigne, en licence et en master, le droit de l’Union européenne, mène des travaux de recherche et publie. « Ce qui a beaucoup changé dans ce type de poste, c’est l’importance des fonctions administratives. » Mais Christine Bertrand s’en accommode très bien. 

Elle devient responsable pédagogique de la licence en droit en 2007 puis vice-doyen de la Faculté. « J’ai mis en place le programme « Réussir en licence », je fais des propositions pour améliorer les contenus. J’ai le sentiment d’être utile. » Nommée depuis lors directeur des études de l’Ecole de droit, elle supervise également les masters. Et a revêtu les habits de doyen depuis l’été 2013.  Le reste de son temps se partage entre cours, corrections de copies et … conseils aux étudiants, qui n’hésitent pas à sonder cette  « prof » enthousiaste, volontiers ambassadrice de  sa faculté auprès des plus jeunes. Son message ? « Le charme de l’université, c’est la liberté intellectuelle. »