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Greffier

Les greffiers sont les scribes de la justice, la mémoire vivante de l’institution judiciaire. Bras droit des magistrats, ils sont les garants de la procédure.

Le métier

Les greffiers peuvent exercer en juridiction judiciaire ou en juridiction administrative (voir encadré).  Dans le premier cas, ils relèvent de la Chancellerie. 
Le ministère de la justice compte aujourd'hui environ 9300 greffiers et 1700 directeurs des services de greffe judiciaires (anciens greffiers en chef). Dans le cadre du projet « Justice du 21e siècle », un décret a modifié leur statut en 2015.

Missions

Le greffier est un technicien de la procédure. Il assiste le juge et authentifie l’ensemble des actes juridictionnels. Il est placé sous l'autorité du directeur des services de greffe judiciaires qui exerce des fonctions d'administration, d'encadrement et de gestion. 

Interlocuteurs

Le greffier est en contact permanent avec les magistrats, et, selon les fonctions occupées, avec les justiciables et leurs avocats, les administrations, les experts, les services de police et de gendarmerie, et les secrétariats des bureaux d’aide juridictionnelle.

Possibilités d'évolution

Un greffier judiciaire peut être amené à gérer un des services du greffe, à changer de service ou de juridiction. Il peut également, après quatre ans et un concours interne, accéder au statut de directeur des services de greffe judiciaires (en moyenne, un candidat sur deux est admis après les épreuves orales) ou passer le concours interne de l’École nationale de la magistrature (ENM). 

Rémunération

Les greffiers judiciaires stagiaires sont rémunérés durant leur formation (environ 1 500 euros net). Un greffier débutant touchera ensuite environ 1 550 euros net par mois. En fin de carrière, son traitement sera d’environ 2 500 euros net. Les directeurs des services de greffe judiciaires stagiaires sont rémunérés durant leur formation (environ 1 800 euros net). En fin de carrière, ils peuvent percevoir jusqu'à environ 4500 € net par mois.

Accès à la profession

En juridiction judiciaire, les greffiers sont recrutés sur concours du ministère de la Justice ouverts aux titulaires d’un Bac + 2. Le concours externe en ligne de directeur des services de greffe judiciaires est, quant à lui, accessible avec un Bac +3. Une réforme de leur formation est entrée en vigueur à la fin 2013. 
Dans les deux cas, les futurs greffiers et directeurs des services de greffe judiciaires bénéficient d’une formation rémunérée de 18 mois à l’Ecole nationale des greffes, à Dijon. Au programme : cours théoriques, mises en situation et stages en juridiction.

Marché de l'emploi

Les recrutements de greffiers judiciaires sont allés bon train ces dernières années. Record atteint en 2016, avec 667 places offertes aux différents concours. (Un chiffre réduit de plus de moitié l’année suivante (280 postes au total), puis reparti à la hausse en 2018 (513 postes, dont 308 au concours externe). Mais la compétition reste rude.

L’embauche des directeurs des services de greffe judiciaires poursuit une courbe ascendante, avec 113 postes ouverts aux concours en 2018, (dont 68  au concours externe). 

Pour aller plus loin 

École nationale des greffes à Dijon. 
Tel : 03 80 60 56 00
www.eng.justice.fr/

 
Greffier de juridiction administrative, l’autre voie

Ils portent le même nom mais ne croisent guère leurs cousins du judiciaire. Ces greffiers sont  choisis parmi les fonctionnaires des ministères de l'intérieur et des outre-mer pour exercer en juridiction administrative. Ils sont fonctionnaires du cadre national des préfectures. Ils bénéficient d’une formation initiale assurée par le Conseil d’État : http://www.conseil-etat.fr/, puis d’une formation continue prise en charge par le Conseil d’État, le ministère de l’Intérieur et les préfectures.
En juridiction administrative, le greffier de chambre réceptionne les requêtes nouvelles, les analyse pour identifier la nature du contentieux et détecter les éventuelles irrecevabilités manifestes. Il assure, en concertation avec le Président de chambre et les magistrats rapporteurs, le suivi de l’instruction des dossiers, la programmation des audiences et la notification des décisions rendues. Le greffier en chef gère le budget du tribunal et le personnel. Il s’assure de l’organisation et du bon déroulement des audiences. Le greffier en juridiction administrative peut devenir conseiller de tribunal administratif et de cours administrative d’appel.
 


Portrait

Carine Callens, directeur des services de greffe judiciaires, Cour de Cassation, Paris

 Il faut avoir de la rigueur et du dynamisme 
Lorsqu’elle termine sa maîtrise en droit des affaires en 2006, à Aix en Provence, Carine Callens a déjà derrière elle un parcours professionnel dans le secteur privé, mené en parallèle avec ses études pour les financer. Mais entre le commerce et la poursuite du droit, elle n’hésite pas longtemps.

Sur les conseils d’un professeur, elle prépare le concours de greffier. « Cela donnait un but logique à mes études », précise-t-elle. Elle opte pour une formation par correspondance, lui permettant de garder son emploi. Elle « bûche » les soirs et souvent le week-end, pendant six mois, avant de passer son premier concours, qu’elle réussit. La jeune femme entre à l’Ecole des greffes en avril 2007, en formation rémunérée, avec logement gratuit quand elle est à Dijon. « C’est une formation équilibrée entre le théorique et la pratique, en juridictions, dans notre ville d’origine ».

Carine Callens part donc en stage à Montpellier. Elle découvre son futur métier. « La diversité des fonctions me plaît. Et puis j’aime les contacts, la notion de service public… Mais il faut être rigoureux et polyvalent». A la sortie de l’école, en fonction de son classement, elle choisit la cour d’Appel de Paris, pour faire l’expérience de la capitale.

Parmi les postes disponibles en octobre 2008, elle opte pour celui qui s’accompagne de fonctions d’encadrement intermédiaire et devient adjointe au chef de service du greffe civil central. « Mes fonctions ont très vite évolué. » Son supérieur est muté en mars 2009, elle prend l’intérim. Elle s’occupe des ressources humaines et encadre sur le plan de la procédure une équipe de 15 personnes. « Cela demande une bonne connaissance des statuts, du dynamisme et de l’investissement», lance-t-elle.

Confiante, Carine Callens décide de passer le concours externe de greffier en chef (rebaptisé en 2015 « directeur des services de greffe judiciaires), est reçue et débute en mai 2011 une nouvelle formation de 18 mois, alternant stages et cours à Dijon. Elle est affectée au greffe correctionnel du TGI de Paris, avec 75 personnes à gérer et un planning de 98 audiences par semaine à surveiller. Un poste stimulant et « très intense », reconnaît-elle.

En septembre 2015, Carine Callens est mutée à la Cour de Cassation, où elle est en charge du greffe des pourvois, service ayant pour mission de traiter les déclarations de pourvois et de constituer les dossiers en matière civile. Depuis fin 2016, elle est également chef de service du greffe des recours en matière d’aide juridictionnelle et superviseur du greffe des certificats de non pourvoi. Elle dispense par ailleurs des formations.