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Inspecteur des douanes

« Rien à déclarer ? » Ces trois mots symbolisent à eux seuls les douanes dans l’imaginaire collectif. Pourtant, les inspecteurs, au cœur de la régulation des échanges internationaux, assument des fonctions très variées.

Le métier

Dans le cadre de la mondialisation des échanges de marchandises et des mouvements de voyageurs, la douane facilite et sécurise le commerce légal, perçoit les recettes fiscales liées au commerce international, à la viticulture ou aux transports, et assure la protection du territoire et des citoyens face à l'augmentation de la criminalité organisée. L'inspecteur des douanes appartient à la catégorie A de la fonction publique d'État. Il relève de la direction générale des douanes et droits indirects, rattachée au ministère des finances et des comptes publics. L’inspecteur des douanes peut avoir des fonctions de surveillance, de contrôle des opérations commerciales, de gestion ou d’administration générale. Plus des deux tiers des inspecteurs des douanes travaillent sur le terrain.

Missions

L’inspecteur des douanes peut être chef des services douaniers de la surveillance à la tête d’une brigade, enquêteur au sein de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières ou officier de douane judiciaire. Il mène alors des enquêtes sur réquisition du procureur de la République ou sur commission rogatoire du juge d'instruction. En matière d’opérations commerciales, il peut faire du conseil aux entreprises pour optimiser leur dédouanement, encadrer une équipe chargée des contrôles, être auditeur ou chargé d’enquêtes pour détecter fraudes et irrégularités. Enfin, dans l'administration générale, l’inspecteur exerce le métier de rédacteur, d'agent poursuivant (il représente l’administration devant les juridictions judiciaires) ou de formateur.

Possibilités d’évolution

Les inspecteurs peuvent accéder à l’encadrement supérieur, soit par la voie d’une sélection   professionnelle après 5 ans de services effectifs, soit, à plus long terme, par promotion interne à l'ancienneté.

Rémunération

A sa sortie d'école, l’inspecteur des douanes, recruté à titre externe, perçoit environ 33 100 euros et l’inspecteur informaticien 37 000 euros bruts annuels, primes incluses. 

Accès à la profession

Le concours externe d'inspecteur stagiaire des douanes est ouvert aux titulaires d’un Bac + 3, sans limite d’âge. Mais en pratique plus de 80 % des candidats sont titulaires d’un Master 2. Les professionnels justifiant d’au moins trois ans d’exercice peuvent également concourir, sous conditions. Les lauréats sont nommés inspecteurs stagiaires et suivent un cycle d’enseignement professionnel de 18 mois (un an à l'École nationale des douanes (http://www.douane.gouv.fr/articles/a11077-ecoles-nationales-des-douanes) de Tourcoing et six mois de stage pratique). Ils sont ensuite titularisés comme inspecteurs des douanes.

Marché de l’emploi

Après quelques années de baisse, les recrutements externes d'inspecteurs des douanes sont de nouveau orientés à la hausse. En 2018, le concours externe offre 58 places. Mais il est très sélectif, avec moins de 4% d’admis en moyenne. Un autre concours externe, dans la spécialité « traitement automatisé de l'information - programmeur de système d'exploitation», offre, lui, 24 places.

Pour aller plus loin

Direction générale des douanes et droits indirects :
www.douane.gouv.fr (rubrique « emploi » / « recrutement»)

Portrait 
 

Laura BUSSON, inspectrice des douanes à Roissy

Des missions variées de lutte contre les fraudes Laura Busson est arrivée aux douanes de manière peu classique, puisqu’elle a commencé par étudier… les lettres modernes. Sa licence en poche, elle entre pour deux ans dans un Institut de préparation à l’administration générale (IPAG). 
En 2007, elle passe le concours de contrôleur des douanes en surveillance, « c’est-à-dire armé et en uniformev», précise-t-elle. « C’était le seul concours que je voulais. Je savais que cette administration m'offrirait ensuite un grand nombre de missions, en lien avec la lutte contre les grands trafics et la protection du consommateur. »  Elle entre à l’École nationale des brigades des douanes de La Rochelle, y apprend les techniques de contrôle, la réglementation douanière, le tir, aussi. Son premier poste sera aux portes de la Belgique. « Je voulais exercer sur une frontière terrestre ». Elle chapeaute d’emblée une équipe de sept personnes aux horaires atypiques, incluant des nuits. 

En septembre 2010, elle est reçue au concours d’inspecteur, qu’elle passe en externe (celui-ci est également accessible par la voie interne au bout de 4 ans). Elle repart à l’école, à Tourcoing cette fois. Elle se forme à la réglementation liée aux opérations commerciales, au management, à la fiscalité. A sa sortie, en juillet 2011, elle rejoint la direction régionale des douanes chargée du fret à Roissy. Elle exerce dans un bureau de six personnes, selon des horaires classiques.  « Mon poste d’inspectrice à la cellule de renseignement et d'orientation des contrôles (CROC) était une fonction support. Je travaillais en collaboration avec les bureaux de contrôle de la plateforme, je leur diffusais les informations que nous recevions et leur proposais de nouveaux axes de travail. » Des fonctions variées où la communication et l'esprit d'équipe sont importants. En mars 2016, elle devient rédactrice pour la formation professionnelle à Roissy. Ses missions : mettre en place un plan interrégional pour la remise à jour des connaissances des équipes et leur apprentissage de nouvelles matières, gérer les stagiaires et participer à la préparation des concours. A terme, Laura Busson pourra, si elle le souhaite, repasser en surveillance, avec des agents sous ses ordres. Et tenter  la sélection interne d’inspecteur principal.