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Lieutenant de sapeur-pompier professionnel

L’officier de sapeur-pompier coordonne les personnels et les moyens engagés dans toutes les missions des services départementaux d’incendie et de secours. 

Le métier

Les lieutenants de sapeurs-pompiers professionnels (SPP) sont des officiers qui exercent leur fonction dans les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS). Ils accomplissent des missions de prévention, de protection et de lutte contre les incendies, les sinistres et les catastrophes. Ils participent également à l’évaluation et à la prévention des risques technologiques ou naturels et aux secours d’urgence. On compte quelque 40000 sapeurs-pompiers professionnels en France, tous grades confondus.

Missions

L’officier de SPP coordonne et dirige les personnels et les moyens dévolus aux SDIS. Il effectue diverses missions opérationnelles mais peut aussi avoir des fonctions plus administratives.

Interlocuteurs

L’officier est en contact régulier avec la police, le Samu, la gendarmerie, la préfecture, la mairie, le conseil général, les divers services publics et les entreprises.

Hiérarchie

Le SDIS est un établissement public présidé par le président du Conseil général. Les sapeurs-pompiers professionnels relèvent donc du statut de la fonction publique territoriale. Ils sont sous l’autorité du préfet et du maire.

Possibilité d’évolution 

Au cours de sa carrière, le lieutenant peut devenir capitaine, commandant, lieutenant-colonel et colonel en chef.

Rémunération

Le lieutenant stagiaire touche un traitement net d’environ 1600 euros mensuels. En fin de carrière, un lieutenant peut espérer toucher un traitement net de 2500 euros, hors indemnités. La rémunération d’un commandant grimpe d’environ 2000 à près de 3300 euros nets mensuels.

Accès à la profession

La filière a subi une refonte en mai 2012 pour diversifier les profils recrutés et revaloriser les parcours des SPP. Cette réforme va se mettre en place progressivement sur sept ans. Elle impacte largement les lieutenants (catégorie B), désormais répartis en trois grades : 2e classe, 1ère classe et hors classe. Pour le grade de lieutenant 1ère classe, le concours de recrutement externe est désormais ouvert aux jeunes diplômés à Bac +2, notamment aux titulaires d’un DUT Hygiène et sécurité.
Le grade de capitaine (catégorie A) est quant à lui accessible par deux voies : d’une part, un concours externe accessible aux titulaires d’un Bac + 3, pour 50% au plus des postes à pourvoir ; d’autre part, un concours interne modifié, ouvert à d’autres fonctionnaires. Il n’y a plus de limite d’âge pour se présenter aux concours.
Le candidat qui réussit l’un des concours de lieutenant figure sur une liste d’aptitude nationale valable un an (renouvelable deux fois). Il reçoit ensuite une formation à l’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP).

Par ailleurs, les modalités d'organisation et programmes des concours et des examens professionnels  pour les lieutenants, capitaines, commandants et colonels de SPP ont fait l’objet de plusieurs décrets en 2017.  

Marché de l’emploi

Les recrutements sont assez stables. A titre d’exemple, en 2018, 100 postes sont offerts au concours externe de lieutenant de 1ère classe de SPP.

Pour aller plus loin 

Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France :
www.pompiers.fr

Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers (ENSOSP) :
www.ensosp.fr

Ministère de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des collectivités territoriales :
www.interieur.gouv.fr (onglet « le ministère » puis « sécurité civile », puis « métiers et concours »)

Portrait

Sylvain de Freitas, capitaine de sapeur-pompier professionnel à Aubière

«Allier rigueur, courage et pragmatisme »
Sylvain de Freitas a presque toujours été pompier. Petit déjà, avec son père pompier volontaire, il participait aux sessions pour les jeunes le dimanche.
A 16 ans, à son tour, il devient pompier volontaire opérationnel. Ensuite, « la voie royale était de suivre une licence professionnelle Hygiène sécurité et environnement. Mais j’ai préféré m’orienter vers une licence Staps, plus sportive. J’ai pris la départementale plutôt que l’autoroute ! », lance-t-il avec un sourire. A son rythme, il fait donc de cet engagement, « servir l’intérêt général », sa profession, et gravit les échelons du corps des hommes du feu. Il est aujourd’hui chef du centre de secours d’Aubière, dans le Puy-de-Dôme (63), son département d’origine, avec 32 professionnels et une soixantaine de volontaires sous sa responsabilité.

Sylvain de Freitas entre en 2007, sur concours, à l’école des officiers de sapeur-pompiers professionnels (SPP). « J’étais déterminé mais assez scientifique. Le plus difficile a été de comprendre la multitude de textes de lois et la hiérarchie imposante qui nous régissent, d’autant que la filière SPP évolue en permanence. Mais c’est fondamental : le droit nous donne les réponses, que nous devons appliquer à des situations concrètes. »

Sa première affectation est à Issoire (63), en tant qu’adjoint au chef du centre de secours. Il reste trois ans et demi, puis rejoint en 2012 le centre de secours principal de Clermont-Ferrand (63). Le lieutenant prépare le concours de capitaine, qu’il réussit. Il est nommé début 2014 au Service prévention des risques du SDIS 63 et cumule pendant six mois avec une mission d’encadrement auprès de la compagnie de la Bourboule (63). « La mobilité géographique et la variété des tâches – manager, intervenir sur le terrain, planifier et à la fois réagir en urgence… - sont de vrais atouts dans ce métier. »

Un an plus tard, il s’installe à son poste actuel à Aubière. La gestion du personnel et le suivi du matériel constituent sa mission principale mais il assure en parallèle des gardes en caserne et des astreintes. Il est également l’intermédiaire entre les élus locaux, les chefs d’entreprise et le Service département d’incendie et de secours (SDIS). « Pour aborder toutes les situations, il faut avoir un grand sens du relationnel, aimer le contact, être autonome, savoir s’adapter, proposer. C’est aussi un choix de vie, qui impacte la famille. »

En parallèle à sa mission de chef de centre, il participe activement en qualité d’administrateur technique et fonctionnel au développement d’un progiciel de gestion du temps de travail des personnels. Une nouvelle mission transversale, qui répond à ses aspirations de prendre part à des projets structurants pour le SDIS.
 
En janvier 2018, Sylvain de Freitas réussit le nouvel examen de commandant de SPP, créé un an plus tôt. Il compte poursuivre son évolution dans un poste lié à ce grade et sait qu’il pourra, s’il le souhaite, entrer ensuite dans la fonction publique d’Etat.