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Décrocher son premier poste

L’heure du grand plongeon est venue. Suivez nos conseils pour bien démarrer votre vie professionnelle.

Que faire une fois le diplôme en poche ? Les étudiants doivent se poser cette question décisive bien avant la fin de leur cursus. C’est particulièrement vrai pour ceux qui terminent des Bac + 5, car cette année marque un tournant.  « Ce qui est difficile à gérer, c'est moins le cursus lui-même que l’après, prévient Thomas Herman, diplômé en 2010 du Master 2 Droit public des Affaires de l’université Paris I et aujourd’hui avocat. Un an, c’est court ! Alors il faut se mobiliser très vite »

Si, de manière générale, le recrutement de juristes est reparti après le gel de 2009, l’entrée en poste reste délicate pour les débutants. Les entreprises aiment tester leurs recrues potentielles – en stage, en alternance, en CDD – avant de s’engager. Et les jeunes diplômés, mal préparés surtout quand ils sortent de l’université, ont parfois des exigences démesurées sur le salaire, les horaires, le type de tâches. 

Comment chercher ? 

Les formations à visée professionnelle doivent aider les étudiants à s’insérer dans le monde du travail : favoriser les contacts, proposer des offres, etc. Mais, dans la majorité des cas, vous devrez quand même vous démener pour décrocher le poste qui vous mettra sur les rails. 
  • Soignez la cooptation. Le réseau est l’outil le plus efficace. Faites savoir que vous êtes en recherche active. 
  • Fréquentez les forums de recrutement direct en faculté ou dans les écoles.
  • N'attendez pas la fin de l'année pour vous inscrire sur les sites de recherche d’emploi (tels que  village-justice.com, recrulex.com, afje.org, uja.fr…) et créez des alertes. Cela vous permettra de « sentir » le marché. 
  • Inscrivez-vous et soyez actif sur les réseaux sociaux en ligne, particulièrement les professionnels (Viadeo, Linked In, etc...)
  • Consultez les sites spécialisés dans votre domaine (juristes d’entreprises, avocats, notaires, etc.). 
  • Echangez avec des anciens de votre formation ou des salariés

A quelle porte frapper ? 

  • Sortir des sentiers battus : Il n’y a pas que Paris. L’herbe peut être verte, l’atmosphère moins compétitive et les postes plus formateurs hors de la capitale. Mais beaucoup de juniors refusent de s’éloigner. 
  • Penser aux PME : Les groupes comme L’Oréal ou LVMH, chouchous des étudiants, sont saturés de demandes. Ne restez pas les yeux rivés sur le CAC40. Ce sont plutôt les PME qui tirent le marché de l’emploi des juristes. Partez explorer leurs nouveaux besoins. La fonction juridique y est par nature généraliste et orientée terrain. « Un grand nombre de PME dynamiques offrent des problématiques internationales que l’on peut "revendre" par la suite, surtout si on exerce dans l’industrie ou les services », note par ailleurs Christian Lamy, co-gérant du cabinet de recrutement Jurispartner. Toutefois, ce sont souvent des postes uniques un peu intimidants pour un débutant. Et le niveau de rémunération est inférieur aux barèmes parisiens, sauf dans les filiales de grands groupes. 
  • Se pencher sur les grands réseaux d’avocats, de type Fidal, EY Société d’Avocats, Landwell, etc. qui recrutent des débutants et les forment. « L'avantage des structures internationales comme la nôtre, c'est que la formation y est formalisée, remarque Sylvie Magnen, associée en charge des ressources humaines chez EY Société d'Avocats. Nous avons ainsi lancé à la fin 2006, un programme que l'on appelle EY University. C'est un parcours d'accompagnement individualisé sur cinq ans qui permet aux jeunes fiscalistes qui nous rejoignent à Paris de se confronter à tous les aspects de leur domaine pour choisir en toute connaissance de cause leur spécialité (nationale, internationale, transactionnelle). » Autre avantage : « sur le plan des rémunérations, les structures anglo-saxonnes sont souvent plus généreuses, reconnaît un professionnel. Mais elles sont aussi plus radicales dans les relations de travail : ça passe ou ça casse. ». Attention : la plupart piochent leurs jeunes nouvelles recrues dans leur vivier de stagiaires.
  • Accepter les postes temporaires. Si vos tentatives pour décrocher un CDI n’aboutissent pas rapidement, tournez-vous vers les CDD et l’intérim, qui se développe chez les juristes. Dans les collectivités, qui s’intéressent aux filières de droit public, les débutants sont engagés comme contractuels, pour un CDD de trois ans. Ils peuvent ensuite passer le concours de la fonction publique pour devenir agent territorial. 
  • Se faire la main à défaut : Rien ne bouge ? Ne restez pas sans activité. Les étudiants pour qui les propositions traînent peuvent, dans un premier temps, se faire la main en démarchant les nombreuses sociétés qui mettent en place des services de conseils juridiques par téléphone, axés en général sur les problématiques de vie quotidienne des particuliers. Un grand bain dans le droit appliqué ! Ouvrez grand les yeux et les oreilles. On peut avoir besoin de compétences proches des vôtres mais un peu moins pointues. Michèle Mergault, directrice de la formation et de l’insertion professionnelle de l’université d’Auvergne à Clermont-Ferrand, note par exemple « une forte demande d’assistants juridiques, de niveau Bac + 3 » en 2013. Certes, vous espériez mieux avec votre master. Mais qui sait ? D’autres opportunités peuvent en découler.  

Concours : prévoir un plan de repli

Votre diplôme vous prépare à un concours professionnel ? Très bien. Mais qu’avez-vous prévu si jamais vous échouez ? Préparez-vous à réussir… mais anticipez l’inverse et organisez en amont la solution de repli (formation complémentaire, expérience professionnelle, stage de langues à l’étranger, etc.). 

Consultez aussi les conseils des recruteurs sur le CV, la lettre de motivation, les entretiens.