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Un marché de l'emploi porteur pour les professionnels du droit

Le marché de l’emploi actuel est très dynamique pour les professionnels du droit. Mais les jeunes juristes doivent s’adapter aux besoins des recruteurs, qui évoluent très vite.

Après plusieurs années en dents de scie, le marché de l’emploi des juristes est revenu au beau fixe depuis 2014.
Tous les secteurs d’activité, de la grande consommation à Internet, recrutent, et le service public offre également des opportunités. « 2016 a été une très bonne année et 2017 devrait être encore un bon cru, compte tenu, notamment, de la transformation digitale des entreprises », confirme Blandine Cordier-Palasse, fondatrice et associée dirigeante du cabinet de recrutement juridique BCP Executive Search.

Des spécialités phares

Certaines branches du droit ont toujours le vent en poupe. C’est le cas du droit social, du droit fiscal, qui touche aux obligations des entreprises, ou du droit des affaires généraliste. Mais la conjoncture peut accroître les besoins dans ces spécialités.
« Entre les changements réglementaires et les réorganisations en cours, la demande est très forte pour les juristes en droit social, signale ainsi Christian Lamy, cogérant du cabinet de recrutement Jurispartner (Groupe William Sinclair). Surtout s’ils ont une expérience dans les relations collectives. »  Un point de vue que confirme Blandine Cordier-Palasse : « les candidats dotés d’un bon sens de l’analyse et de la capacité à bien gérer l’humain et les instances représentatives du personnel sont très appréciés actuellement. »  
De même, les spécialistes des restructurations et des fusions-acquisitions, ou encore des contrats, sont en vue. En revanche, la propriété intellectuelle (marques, droits d’auteur) reste un marché très étroit, comme le droit public.

De nouveaux sujets pour les juristes

Mais la nouveauté depuis 2016 est la montée en puissance des juristes dans la sphère digitale. Un raz-de-marée.  Quel que soit le secteur d’activité – luxe, autoroute, environnement, assurances…- toutes les entreprises digitalisent leur activité, déploient leurs réseaux et doivent se mettre en conformité avec les nouvelles règlementations concernant la protection des données personnelles. « Or il est encore très difficile de trouver des profils opérationnels sur ces sujets », pointe Christian Lamy.

Autres sujets émergents dans les entreprises où les juristes ont un rôle à jouer : la gouvernance et la « compliance » (conformité). « La première représente l'organisation du contrôle et de la gestion de l'entreprise, la relation de la direction avec le conseil d’administration, les assemblées générales des actionnaires, etc. », explique Blandine Cordier-Palasse.

La compliance, elle, est un engagement des dirigeants à appliquer et faire respecter les règles d'éthique et les pratiques conformes à la réglementation au sein de leur entreprise,  dans toutes leurs opérations et relations avec leurs parties prenantes. Les « compliance officers » - qui ne sont pas tous juristes - supervisent la gestion de risques, promeuvent l’éthique, assurent la cyber-sécurité de leur entreprise, etc. Des cabinets d’avocats développent également cette expertise pour conseiller leurs clients.

Proposer plus que des diplômes

Mais comment les candidats peuvent-ils attirer l’œil des recruteurs ? Les titres ne suffisent plus : les jeunes juristes sont de plus en plus diplômés et les doubles cursus, master en droit et école de commerce ou LLM, sont légions aujourd’hui. Comment, dès lors, se démarquer ? Maîtriser vraiment l’anglais n’est pas si répandu. C’est donc une carte maîtresse. La pertinence des stages est également observée. « Plus la personne s’est spécialisée tôt, plus elle suscitera notre intérêt, signale Anne-Charlotte Dutel, responsable du recrutement du cabinet d’avocats Fidal. Nous regardons aussi sa personnalité : a-t-elle le goût du travail en équipe, le sens du relationnel ? Est-elle ouverte à l’international ? ».

Loin de ne regarder que l’expérience, les employeurs évaluent une personnalité. « Les entreprises cherchent des capacités d’autonomie et de leadership. Il doit démontrer une faculté d’adaptation rapide, des qualités relationnelles qui incitent à le consulter. Les employeurs veulent un juriste orienté business, qui sache parler le langage des opérationnels et accompagner l’activité sans la freiner », détaille Blandine Cordier-Palasse.

Au-delà de l’entreprise

Mais il n’y a pas que le monde de l’entreprise. Les professions libérales réglementées (avocats, notaires…) restent bien sûr des voies de prédilection pour les juristes, même si certaines (huissiers, commissaires-priseurs judiciaires…) sont d’un accès difficile aujourd’hui.

Dans la fonction publique d’Etat, le tour de vis s’est desserré ces dernières années, particulièrement dans la justice. Les recrutements restent soutenus dans la magistrature, ainsi que chez les greffiers et greffiers en chef. Les restrictions de budget affectent en revanche les concours dans la police, l’administration des impôts ou encore les postes temporaires d’assistants de justice.

La fonction publique territoriale continue quant à elle son bonhomme de chemin. Les besoins juridiques y sont réels, même si les finances publiques sont contraintes et qu’il faut rationnaliser les coûts, y compris la masse salariale. D’où un nombre croissant de postes de contractuels.

Pour en savoir plus

Consultez les tendances du recrutement par métiers : juristes d’entreprise, avocats et autres professions réglementées, postes dans la fonction publique d’Etat, juristes en collectivité territoriale.