Je m'oriente

Un marché de l’emploi très dynamique

Les recrutements vont bon train parmi les professionnels du droit. Mais les jeunes juristes doivent s’adapter aux besoins des recruteurs, qui évoluent très vite.

Après deux ans de progression constante, le marché de l’emploi des juristes est plus que jamais au beau fixe ! Le site communautaire Village de la Justice pointe ainsi une hausse de 26% des offres sur les deux premiers mois de l’année 2018 par rapport à la même période l’année précédente. « 2018 est un très bon cru compte tenu du dynamisme des entreprises dans l’Hexagone, de la complexité des réglementations françaises et internationales, et donc des besoins accrus d’accompagnement juridique des affaires», confirme Blandine Cordier-Palasse, fondatrice et associée dirigeante de BCP Executive Search, un cabinet de recrutement juridique, risk et compliance. Tous les secteurs d’activité, de la grande consommation à Internet, recrutent des spécialistes du droit. Et le service public offre également de réelles opportunités. 

Evolution rapide

Certaines branches du droit ont toujours le vent en poupe. C’est le cas du droit fiscal, qui touche aux obligations des entreprises. Mais la conjoncture ou des changements réglementaires peuvent accroître les besoins, comme cela s’est vérifié pour le droit social, très demandé en 2017. Avec la reprise économique, les spécialistes de l’ingénierie juridico-financière dans les opérations de fusions-acquisition et le développement à l’international sont en vue. De même, on note beaucoup de recrutement dans les fonctions contractuelles.  
 
De façon générale, « les fonctions juridiques ont profondément évolué ces dernières années en raison notamment des innovations technologiques et de la mondialisation qui appellent aujourd’hui des compétences nouvelles et plus transverses, note le cabinet Robert Half dans son étude de rémunération 2018. Les départements juridiques doivent traiter davantage de sujets émanant des opérationnels sur des problématiques de conformité, de droit social et de droit des affaires. »
 

De nouveaux sujets 

Depuis deux ans, la transformation digitale et la protection des données personnelles ouvrent également de nouvelles opportunités. Les juristes montent en puissance dans cette sphère, si bien qu’on assiste aujourd’hui à une vague de recrutements sans précédents… couplée à un déficit de candidats, car « les profils opérationnels sont encore rares », pointe Christian Lamy, cogérant du cabinet de recrutement Jurispartner (Groupe William Sinclair).
 
Autres sujets émergents dans les entreprises, plutôt réservé aux professionnels expérimentés: la gouvernance et la « compliance » (conformité). Des notions encore mal connues des étudiants. « La gouvernance est un ensemble de règles qui définissent l'organisation et répartissent les pouvoirs entre le conseil d'administration et la direction générale. Car c’est le conseil d’administration qui définit la stratégie de l’entreprise et donne les moyens à la direction générale de la mettre en œuvre », explique Blandine Cordier-Palasse, qui a co-fondé en 2011 le Cercle de la Compliance.

Ce terme, lui, désigne l’engagement des dirigeants à appliquer et faire respecter les règles d'éthique et les pratiques conformes à la réglementation au sein de leur entreprise, dans toutes leurs opérations, et dans les relations avec leurs parties prenantes. La mise en place d'un programme de Compliance devient obligatoire depuis l'entrée en vigueur de la loi Sapin 2.

Au-delà de l’entreprise

Mais il n’y a pas que le monde de l’entreprise. Les professions libérales réglementées (avocats, notaires…) restent bien sûr des voies de prédilection pour les juristes, même si certaines (huissiers, commissaires-priseurs judiciaires…) sont en pleine restructuration. 
 
Dans la fonction publique d’Etat, le tour de vis s’est desserré ces dernières années, particulièrement dans la justice. Les recrutements restent soutenus dans la magistrature, ainsi que chez les greffiers et greffiers en chef. Les restrictions de budget affectent en revanche les concours dans la police, l’administration des impôts ou encore les postes temporaires d’assistants de justice. 
 
La fonction publique territoriale continue quant à elle son bonhomme de chemin. Les besoins juridiques y sont réels, même si les finances publiques sont contraintes et qu’il faut rationnaliser les coûts, y compris la masse salariale. D’où un nombre croissant de postes de contractuels. 
 
Pour en savoir plus
Consultez les tendances du recrutement par métiers :
- recrutement des juristes d’entreprise
- recrutements des avocats et autres professions réglementées
- recrutements dans la fonction publique d’Etat
- recrutements des juristes en collectivité territoriale