L’huissier de justice, le mal-aimé qu’on imagine sonner à la porte à six heures du matin pour tout rafler, n’a pas la réputation qu’il mérite.
Le métier
Profil et missions
L’huissier est seul compétent pour signifier les décisions rendues par les tribunaux aux particuliers et les faire exécuter. Il doit ainsi informer les particuliers qu’une action est engagée contre eux (assignation à comparaître, commandement de payer) et veiller à la bonne exécution des décisions de justice. À ce titre, il peut procéder à des expulsions ou des saisies. En dehors de ce monopole, l’huissier peut aussi constituer des preuves à la demande de particuliers ou de magistrats (comme le célèbre constat d’adultère), valider le règlement d’un jeu ou constater son bon fonctionnement. Mais l'une de ses missions principales consiste à rechercher des solutions aux litiges entre créanciers et débiteurs. Le recours à un huissier évite alors les inconvénients et les frais d'un procès.
Pré-requis
L’huissier de justice doit être titulaire d’une maîtrise de droit ou d’un diplôme équivalent. Il devra accomplir un stage rémunéré de deux années dans une étude (réduit à un an dans certains cas) et suivre une formation. Celle-ci est assurée au sein du département formation stagiaire (DFS), service interne de la Chambre nationale des huissiers de justice, mais également au sein de l’École nationale de procédure (ENPEPP). Il devra ensuite réussir l’examen professionnel. Organisé à Paris deux fois par an, cet examen ne peut être présenté que quatre fois et n'équivaut pas à un diplôme. En 2010, 67 élèves (sur 226 candidats) ont été admis en mai, et 57 (sur 227 candidats) en novembre.
Rémunération
Marché de l’emploi
Très difficile. De nombreux jeunes stagiaires sont à la recherche d’études. La caisse de prêts de la Chambre nationale des huissiers de Justice propose une aide pour financer cet achat.
Pour aller plus loin
Chambre Nationale des Huissiers de Justice, à Paris
Tel : 01 49 70 12 90
Lecture utile
| Lamy droit de l'exécution forcée |
Portrait
Séverine Van den Bos, huissier de justice à Valenciennes
« Cette profession est plus variée qu’on ne croit »
Lorsqu’elle démarre sa maîtrise en droit privé à Lille, Séverine Van den Bos sait déjà qu’elle veut rapidement s’insérer dans la vie professionnelle. Elle commence donc un stage chez un huissier à Valenciennes, « pour voir si le métier me plaît », se souvient-elle. Elle devient salariée de cette étude, suit des cours par correspondance et passe son examen professionnel en 1995. « Je trouvais la profession très variée, loin de se limiter à l’impayé de loyer ou de crédit. Et j’ai découvert une manière de travailler respectueuse des autres, alors que j’en avais, à l’origine, une image un peu dure et négative. » Elle devient associée en 1998. « Il faut alors acheter une charge assez onéreuse, démontrer que l’étude est viable et prêter serment devant le tribunal dont on dépend. » Au quotidien, Séverine Van den Bos aime gérer la procédure mais elle passe également beaucoup de temps à l’extérieur. Dans cette profession « pas du tout statique », il faut de l’organisation. « Nous gérons une petite entreprise, ce qui implique de surveiller les coûts et de bien coordonner les tournées. C’est un aspect qu’on apprend sur le tas, car nous ne sommes pas initialement formés à cela. » Par ailleurs, l’huissier, confronté à des situations humaines difficiles, doit savoir garder du recul. « Ces situations nous touchent, car nous voyons les foyers dans leur intimité. Personnellement, je veille à favoriser toujours les accords de règlements et à ouvrir le dialogue avec neutralité, dans le respect des règles. Mais il faut bien sûr de la fermeté pour exécuter les décisions de justice. »




